Pourquoi Bahreïn devient-il un nouveau centre pour les investisseurs dans le Golfe
Lorsqu’il est question de commerce dans le Golfe, l’attention se porte généralement d’abord sur les Émirats arabes unis. Dubaï et Abou Dabi se sont solidement imposés comme des plaques tournantes internationales pour le capital et les affaires mondiales. Pourtant, un autre acteur gagne progressivement du terrain : le Royaume de Bahreïn. Ce petit État insulaire, relié à l’Arabie saoudite par le pont du roi Fahd, cherche à s’affirmer comme une base compétitive pour les investisseurs et les entreprises en quête de flexibilité, d’un accès direct à la plus grande économie du CCG et de coûts opérationnels réduits.

Le modèle économique de Bahreïn repose sur une combinaison de réglementation libérale et d’incitations fiscales. Contrairement à beaucoup de ses voisins, le pays n’applique aucun impôt sur le revenu des particuliers. L’impôt sur les sociétés ne concerne que le secteur pétrolier et gazier, tandis que la plupart des autres entreprises ne sont soumises qu’à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), actuellement fixée à 10 %. Cela fait de Bahreïn l’une des juridictions les plus compétitives de la région en termes de coûts d’exploitation.
Historiquement, Bahreïn a développé un secteur financier solide, en particulier dans la finance islamique, et ces dernières années, il est devenu une destination prisée pour les entreprises fintech. La Banque centrale de Bahreïn (CBB) encourage activement les bacs à sable réglementaires, attirant des startups dans les paiements numériques, les solutions blockchain et les technologies émergentes. Contrairement à certains de ses voisins plus prudents, Bahreïn s’efforce de se positionner comme un centre financier innovant et agile.
La géographie constitue un autre avantage compétitif. Le pont du roi Fahd relie directement Bahreïn à l’Arabie saoudite, première économie et principal marché de consommation de la région. Pour les entreprises ciblant le marché saoudien, établir une base à Bahreïn est une option stratégique : elle permet de réduire les coûts tout en gardant Riyad et les autres villes saoudiennes à portée immédiate.
L’environnement juridique devient lui aussi de plus en plus favorable aux investisseurs étrangers. Bahreïn autorise la propriété étrangère à 100 % dans la plupart des secteurs, notamment les services, le commerce et la fabrication, avec des restrictions limitées à certaines industries stratégiques. Cette politique élimine la nécessité d’un partenaire local obligatoire, souvent perçue comme une contrainte ailleurs dans la région.
Pour soutenir davantage les investisseurs, le pays propose des zones franches, comme la Bahrain Logistics Zone et le Bahrain International Investment Park. Ces zones offrent des incitations douanières, des procédures simplifiées et des exonérations totales de droits d’importation et d’exportation, ce qui les rend particulièrement attractives pour les projets logistiques, de distribution et industriels.
Bahreïn a également signé plus de 40 conventions de non-double imposition (DTT) avec des juridictions clés en Europe, en Asie et au-delà. Cela apporte une sécurité supplémentaire aux investisseurs transfrontaliers et permet une structuration fiscale plus efficace.
Cependant, la comparaison avec les Émirats arabes unis révèle des différences importantes. Dubaï reste le centre régional de référence, abritant les sièges sociaux de grandes multinationales, une infrastructure de classe mondiale et une réputation bien établie de havre sûr pour les capitaux. Bahreïn, de son côté, offre des coûts plus bas et une plus grande flexibilité, mais n’atteint pas encore le même niveau que les Émirats en termes de flux d’investissements directs étrangers, d’échelle de marché et d’image de marque internationale. Pour beaucoup d’entreprises, Bahreïn représente donc un complément à une présence aux Émirats plutôt qu’un substitut.
Aujourd’hui, Bahreïn façonne sa propre niche. Le pays attire particulièrement les entreprises de la fintech, de la logistique, de la fabrication et des services orientés vers le marché saoudien. Pour les investisseurs internationaux, Bahreïn constitue un point d’entrée économique dans le CCG, tandis que les acteurs régionaux y voient un terrain d’expérimentation pour l’innovation et de nouveaux modèles commerciaux.
Pour les entrepreneurs, le choix entre Bahreïn et les Émirats n’est pas une alternative exclusive mais une question de stratégie. Les Émirats apportent visibilité mondiale et accès aux capitaux, tandis que Bahreïn offre efficacité des coûts et proximité avec l’Arabie saoudite. Ensemble, ces deux marchés forment une plateforme puissante pour la croissance des affaires dans le Golfe.
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