L’ADN fiscal de deux juridictions – Émirats arabes unis et Royaume-Uni
Le Royaume-Uni représente un système fiscal développé, ancien et relativement lourd, doté d’un vaste arsenal de déductions et d’allègements. Ceux-ci atténuent les taux nominaux, mais compliquent l’administration. À l’inverse, les Émirats arabes unis incarnent une fiscalité plus jeune, volontairement « légère », qui, entre 2023 et 2025, a évolué vers un véritable impôt sur les sociétés tout en conservant des taux réduits, des règles simples et une orientation claire vers l’attractivité des investissements. Concrètement, le Royaume-Uni s’impose lorsqu’il s’agit d’accès aux capitaux londoniens, d’instruments flexibles pour la R&D et de crédibilité pour les investisseurs internationaux. Les Émirats, eux, l’emportent dès que la rapidité, le coût et l’efficacité fiscale des opérations transfrontalières en MENA ou en Asie sont prioritaires.
Impôt sur les sociétés : taux, philosophie et risques
Aux EAU, le taux de base est de 9 % sur les bénéfices supérieurs à 375 000 AED, en dessous de ce seuil, la charge est nulle. Les entreprises en zone franche peuvent bénéficier du statut de « Qualifying Free Zone Person » avec un taux de 0 % sur le revenu qualifié, sous réserve de respecter la substance économique, certaines restrictions avec le Mainland et la règle du « de-minimis ». Tout manquement entraîne le basculement vers le régime normal à 9 %. Il n’existe pas de retenues à la source sur dividendes, intérêts ou redevances (WHT = 0 %). À partir de 2025, un impôt minimum domestique de 15 % (Pillar Two) s’appliquera aux groupes multinationaux de plus de 750 M€, afin d’éviter l’érosion de la base fiscale.
Au Royaume-Uni, depuis avril 2023, l’impôt sur les sociétés suit une grille à deux niveaux : 19 % jusqu’à 50 000 £ de bénéfices, 25 % au-delà de 250 000 £, avec une marge dégressive entre les deux. En parallèle, le « full expensing » (amortissement immédiat à 100 % des investissements en équipements) a été pérennisé. Résultat : le Royaume-Uni reste plus cher nominalement, mais plus flexible pour les entreprises à forte intensité capitalistique.
TVA et fiscalité indirecte : un enjeu sous-estimé
Aux EAU, la TVA est fixée à 5 %, avec un seuil d’enregistrement de 375 000 AED, et de larges exonérations (exportations, santé, éducation). L’administration est centralisée par la Federal Tax Authority (FTA) via le portail EmaraTax. Les zones désignées offrent des régimes spécifiques pour l’importation et le stockage. Au Royaume-Uni, la TVA standard est de 20 %, avec un seuil d’enregistrement à 90 000 £ (depuis avril 2024). Des taux réduits et zéro s’appliquent dans plusieurs secteurs. Pour les sociétés opérant dans les deux juridictions, la conformité en matière de chaîne logistique et de documentation devient un enjeu majeur.
Fiscalité des particuliers et coûts salariaux
Aux EAU, il n’existe pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Les cotisations sociales ne s’appliquent qu’aux nationaux (environ 20 % de la masse salariale, répartis entre employeur, employé et État). Pour les expatriés, seule l’indemnité de fin de service est obligatoire, remplacée depuis 2023–2024 par des schémas d’épargne. Au Royaume-Uni, le système est complet : impôt progressif sur le revenu, fiscalité des dividendes et plus-values, contributions sociales (NIC), avec un taux employeur qui atteindra 15 % dès 2025/26. Globalement, le coût du travail y est nettement plus élevé.
Résidence fiscale et contrôle effectif
Le Royaume-Uni applique le test du « central management and control » : si les décisions stratégiques se prennent à Londres, une société peut être reconnue comme résidente britannique même si elle est juridiquement enregistrée ailleurs. Aux EAU, la résidence repose sur l’incorporation et le lieu de direction effective. Ces critères sont essentiels dans l’application de la convention de non-double imposition entre les deux pays. Pour les particuliers, le Royaume-Uni applique le Statutory Residence Test et les règles de résidence temporaire : un retour avant cinq années fiscales complètes peut entraîner une imposition rétroactive de certains revenus étrangers.
Convention UK–UAE : portée réelle
La convention évite la double imposition et supprime la plupart des retenues (0 % sur dividendes et redevances ; 15 % uniquement sur certains revenus immobiliers issus de REIT britanniques). Les intérêts, en revanche, ne bénéficient pas d’allègements spécifiques, sauf régimes nationaux (par exemple pour les euro-obligations cotées). En pratique, les flux de dividendes et redevances sont plus faciles à optimiser que ceux liés aux intérêts.
Prix de transfert et substance économique
Les deux juridictions appliquent les standards BEPS. Aux EAU, les obligations de documentation (master et local file) s’appliquent à partir de 200 M AED de chiffre d’affaires ou pour les groupes supérieurs à 3,15 Mds AED. Le CbCR est requis au même seuil. Les règles de substance économique (ESR) demeurent strictes pour certaines activités, surtout en zone franche. Au Royaume-Uni, les exigences sont plus larges, mais déjà intégrées dans les pratiques des multinationales.
Conclusion
Le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis ne s’opposent pas : ce sont deux leviers complémentaires. Le premier, mature et coûteux, donne accès à des capitaux, une crédibilité et des outils sophistiqués. Les seconds offrent vitesse, prévisibilité et efficacité, tant que la structuration respecte la logique fiscale internationale. Chez Garant Business Consultancy, nous concevons des architectures UK–UAE sur mesure : choix de la free zone, statut QFZP, tests de « central management », modélisation DTT, documentation TP, et préparation à la conformité bancaire. Transformez la différence entre ces systèmes en avantage compétitif: https://garant.ae/fr/services-aux-entreprises/re-domiciliation-de-societes